Préparation hivernale
Cela n’aura échappé à personne, on a beau vivre dans le sud-est : C’est l’hiver, ça pèle !
Le froid, un peu de pluie, une lumière différente, autant de dangers qui viennent s’additionner pour la pratique du 2 roues. On va devoir supporter l’hiver quelques semaines de plus, mais ce n’est pas ça qui va nous empêcher de rouler ! Certains d’entre nous ont préféré l’habitacle douillet de leur "boîte à roues" au confort précaire d’une selle, accroché à un guidon qui les expose encore plus aux frimas de cette période.
Cependant, il y a les irréductibles : les motards purs et durs comme ils se définissent souvent. Il y a aussi ceux qui ont fait le choix « définitif » du deux roues par goût ou manque de moyens pour posséder également une voiture. Mais tous, vous, moi, allons rouler peut-être cet hiver malgré tout (quand on aime… on se gèle quand même).
Mais il faut s’adapter, il ne s’agit pas de rouler en hiver comme on roule à la belle saison. Il faut que le pilote soit préparé, comme la moto, à rouler en mode frigo.
Ca ne vous viendrait pas à l’idée de tirer sur le moteur encore froid de votre moto ? Gardez à l’esprit que votre corps a besoin, lui aussi, d’être « chaud » . Surtout pour qu’il réponde comme il faut, et à temps, à vos sollicitations (la tête veut, mais le corps parfois… non).

Pour commencer : le motard (le plus souvent réveillé avant la moto).
Avant de partir, vérifiez que vous êtes assez souple. Si vous êtes du style « raide de chez raide », assouplissez les articulations par de petits mouvements et faites également des mouvements de la tête pour « décoincer » votre nuque. N’oubliez pas que la tête est votre « tour de contrôle » et qu’elle doit pouvoir facilement bouger. Ce n’est pas une fois dans la file de voiture qu’on doit s’apercevoir qu’on a la nuque qui coince !
En effet, dans le froid on a tendance à se crisper, et si vous êtes déjà raide avant le départ vous aurez les réflexes, mais les parties du corps que vous solliciterez risquent de ne pas suivre (lâcheurs…).
Exercices rapides (et pas fatiguant) à faire pour se mettre en route (10 fois chaque exercice au minimum. Rébarbatifs peut-être mais ça peut vous sauver…) : Il est impératif de ne pas forcer, ni trop « tirer », sur des muscles ou articulations à froid.
Pour la nuque :
Tournez la tête de gauche à droite,
levez et baissez la tête,
faites des rotations de la tête.
Pour les épaules :
Debout, les bras le long du corps, levez-les jusqu’à l’horizontale et ramenez-les le long du corps (comme un oiseau),
debout, les mains sur les cuisses, levez les bras devant vous à hauteur des yeux et ramenez les mains sur les cuisses.
Pour le buste :
Dos bien droit, les mains sur les hanches, faites des rotations vers la gauche puis vers la droite,
dos bien droit, penchez-vous en avant (sans forcer) et redressez-vous.
Les poignets :
Joignez vos mains en croisant vos 10 doigts, faites des rotations des mains tout en gardant les coudes joints.
Les doigts :
Tendez vos 10 doigts au maximum et ramenez les dans la paume des mains.
Les genoux :
Mettez-vous face à une table (pour s’y tenir et garder l’équilibre). Le dos bien droit, regard vers l’horizon, descendez en pliant les genoux et remontez, puis recommencez.
Les chevilles et mollets :
Face à une table (toujours pour l’équilibre, faites pas les malins, le matin ça tangue), mettez-vous sur la pointe des pieds en tirant bien sur les mollets, puis redescendez à plat sur vos pieds. Puis recommencez (eh, j’en vois un qui rigole là-bas au fond !).
Faites des rotations des pieds (il n’est pas nécessaire de joindre les 10 doigts de pieds comme avec les mains).

Voilà, on a déjà un peu dérouillé le motard dans son sweet home. Vient le moment de quitter le nid et de s’habiller chaudement. Attention, chaudement ne veut pas dire quintuple épaisseurs de vêtements mal choisis pour affronter le froid. 5 t-shirts et 4 pulls en coton ne vous protègeront pas mieux qu’un seul sous-vêtement type Damart avec un pull en laine. De plus, en version bibendum, vous aurez toutes les peines du monde à être à l’aise au guidon et vous serez limité dans vos mouvements (dangereux ça !). Choisissez donc des vêtements chauds et peu épais. Certains semblent se démouler quand ils descendent de leur moto, sans tomber dans l’excès il faut être assez habillé (pas la peine non plus d’avoir des apéricubes dans le slip ou d’être plein phares dans le soutif).
Avant de partir, il convient de prendre une boisson chaude pour « mettre en température » l’intérieur du corps, si possible sucrée pour avoir un peu de carburant. Car même en roulant tranquillement, la pratique de la moto reste un exercice physique, qui plus est dans le froid.
Ensuite, se couvrir une fois que l’on est vraiment prêt à sortir. Il ne s’agit pas de chercher les clés ou le permis une fois tout l’équipement sur le dos dans une maison surchauffée. C’est un bon moyen pour attraper une petite suée, et partir dans le froid juste après vous promet une bonne crève à l’arrivée.
Vérifiez, une fois habillé, que vous arrivez à faire tous les mouvements sans gène. Si ça coince, c’est que vous êtes trop habillé ! Il faut garder absolument une assez grande liberté de mouvements.
Si vous mettez une écharpe, une fois le casque enfilé, vérifiez que l’épaisseur de l’écharpe dans le col du blouson ne vous gène pas pour tourner comme il faut la tête.
Il ne faut pas porter des gants tellement épais que l’on ne sent plus, ou presque, les commandes du guidon. Il n’y a que Coluche pour jouer du violon avec des gants de boxe ! Lui était sur scène, vous serez sur la route…
Vérifiez que vos bottes avec ces grosses chaussettes vous permettent de sentir les commandes aux pieds (comme pour les gants, ça sert de sentir les commandes… et j’ai pas dit de sentir des pieds).
Montez sur la moto et faites vos gestes habituels pour voir si vous êtes bien à l’aise avec tout ça sur le dos.
Voilà, vous êtes prêts !
La moto :
Si votre moto dort à l’extérieur, couvrez-la pour éviter que l’humidité ne s’installe additionnée au froid (risque de gel). Allumez la moto et laissez la chauffer quelques minutes avant de partir.
Comme le moteur, les pneus ont besoin de chauffer plus longuement en hiver. Pour les premiers freinages, allez-y mollo pour vérifier l’adhérence. Idem pour les virages, on évitera les angles pendant les 10 ou 15 premiers kilomètres.
Voilà, la route est à vous, pensez que si vous n’êtes pas bien réveillé, il y a de grandes chances pour que les conducteurs des voitures autour de vous ne le soient pas non plus.
A bon entendeur… V !


Les réunions du CA en 2008

